Éolien en mer : gare au bruit des travaux sous l'eau

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Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Irène, il y a 6 ans et 3 mois.

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    Irène
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    La plupart des fondations d’éoliennes (ici celles du parc Alpha Ventus en Allemagne) sont tenues par des pieux métalliques, enfoncés de 30 mètres dans les sédiments.© EWEA
    La mise en place des fondations d’énergies marines engendre une nuisance sonore importante. Dauphins ou phoques trop proches peuvent être tués.
    Quel impact sur la faune marine aura l’implantation de quelques centaines d’éoliennes en mer ? Mystère. En France, on part de zéro. Les réponses viennent en partie des voisins où sont déjà plantées plus de 1 400 machines. Au Danemark, les premières éoliennes offshore ont 20 ans.Parmi les nuisances les plus sérieuses : le bruit du chantier. Et notamment le battage des pieux, servant aux fondations. Un énorme marteau enfonce ces tubes d’acier de 30 mètres dans les sédiments. Le bruit, pouvant atteindre 180 décibels, peut tuer dauphins ou phoques qui ne seraient qu’à quelques centaines de mètres. Des études ont montré des changements de comportement chez les cabillauds et soles à 20 km.

    Des rideaux de bulles ?

    L’intensité n’est pas forcément l’élément déterminant. Un jet ski ou un sondeur de pêche peuvent aussi être très bruyants dans l’eau. Mais ce genre de travaux maritimes émet des bruits en très basses fréquences qui posent le problème de parcourir des centaines de kilomètres.

    Pour les promoteurs de projets, la première étape est donc de décrire les populations présentes. Avec un effort particulier sur les mammifères marins « parce qu’ils ont un statut de protection », explique Julien Dubreuil, océanologue au cabinet d’études In Vivo. Pour le futur parc de la baie de Saint-Brieuc (100 éoliennes), il va immerger des hydrophones (micros) et écouter les bruits de la mer pendant un an : ceux générés par l’homme en pêche par exemple comme ceux émis par le milieu (langoustes, oursins, mammifères…). Une zone sensible ou un rythme saisonnier peuvent ainsi être découverts. In Vivo remettra alors un modèle de prévision de l’impact sonore des travaux.

    Des solutions devront être proposées pour limiter l’impact des travaux. Le plus efficace serait l’assèchement du chantier, par des digues. Inconcevable, trop coûteux par 30 mètres de fond. Une autre idée, c’est le rideau de bulles émises tout autour du lieu de battage par une sorte de barrière de tuyaux percés. Des sociétés comme Menck proposent des solutions réduisant le bruit à environ 160 décibels.

    Un isolant sur le marteau pourrait aussi atténuer le bruit. Enfin, et c’est le système qui semble le plus souvent retenu, un démarrage progressif du battage laisserait le temps aux poissons et mammifères marins de s’écarter.

    La plupart des études semblent montrer que ces populations reviennent après le chantier. Les rapports, assez peu nombreux, ne font pas apparaître de cas dramatique. Selon Julien Dubreuil, « oui, il y a des risques environnementaux, mais un champ éolien, ce n’est pas Fukushima ». En France, la réglementation acoustique sous-marine n’est entrée dans les textes juridiques qu’en 2010. Et il n’y a pas de plafond maximum de bruit pour les travaux sous-marins.

     

     

    Les spécialistes des énergies marines échangent cette semaine à la Sea tech Week de Brest.

    Sébastien PANOU.  Ouest-France
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